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Full text of "Saint Roch, guérisseur de toutes les maladies épidémiques [microforme]"

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CIHM 
Microfiche 
Séries 
(Monographs) 



ICMH 

Coliection de 
microfiches 
(monographies) 




Cansdian Institute for Historical Microreproductions / Institut canadien de microreproductions historiq 



ues 




1996 



Technical and Bibliographie Notes / Notes technique et bibliographiques 



The Institute has attempted to obtain the best original 
copy available for filming. Feature of this copy which 
may be bibliographically unique, which may alter any of 
the images in the reproduction, or which may 
significantly change the usual method of filming are 
checked below. 




D 
D 
D 

n 

D 
D 
D 
D 
D 

D 



Coloured covers / 
Couverture de couleur 

Covers damaged / 
Couverture endommagée 

Covers restored and/or laminated / 
Couverture restaurée et/ou pelliculée 

Cover title missing / Le titre de couverture manque 

Coloured maps / Cartes géographiques en couleur 

Coloured ink (i.e. other than blue or black) / 
Encre de couleur (i.e. autre que bleue ou noire) 

Coloured plates and/or illustrations / 
Planches et/ou Illustrations en couleur 

Bound with other materlal / 
Relié avec d'autres documents 

Only édition available / 
Seule édition disponible 

Tight binding may cause shadows or distortion 
along interior margin / La reliure serrée peut 
causer de l'ombre ou de la distorsion le long de 
la marge intérieure. 

Blank leaves added during restorations nnay appear 
within the text. Whenever possible, thèse hâve 
been omitted from filming / Il se peut que certaines 
pages blanches ajoutées lors d'une restauration 
apparaissent dans le texte, mais, lorsque cela était 
possible, ces pages n'ont pas été filmées. 



L'Institut a microfilmé le meilleur exemplaire qu'il lui a 
été possible de se procurer. Les détails de cet exem- 
plaire qui sont peut-être uniques du point de vue bibli- 
ographique, qui peuvent modifier une image reproduite, 
ou qui peuvent exiger une modifications dans la méth- 
ode normale de filmage sont indiqués ci-dessous. 

I I Coloured pages / Pages de couleur 

I j Pages damaged / Pages endommagées 

I 1 Pages restored and/or laminated / 
Pages restaurées et/ou pelliculées 

r"! Pages discoloured. sfained or foxed / 
Pages décolorées, tachetées ou piquées 

I I Pages detached / Pages détachées 

r/l Showthrough / Transparence 

I I Quality of print varies / 

' — ' Qualité inégale de l'impression 

j 1 Includes supplementary material / 

Comprend du matériel supplémentaire 

I I Pages wholly or partially obscured by errata 
slips, tissues, etc., hâve been refilmed to 
ensure the best possible image / Les pages 
totalement ou partiellement obscurcies par un 
feuillet d'errata, une pelure, etc., ont été filmées 
à nouveau de façon à obtenir la meilleure 
image possible. 

I I Opposing pages with varying colouration or 
discolourations are filmed twice to ensure the 
best possible image / Les pages s'opposant 
ayant des colorations variables ou des décol- 
orations sont filmées deux fois afin d'obtenir la 
meilleur image possible. 



D 



Additional comments / 
Commentaires supplémentaires: 



This rtem is filmed at the réduction ratio checked below/ 

Ce document est filmé au taux de réduction indiqué ci-dessous. 

10X 14X 18X 



>/ 



12X 



•\6X 



20X 



22X 



24 X 



26 X 

nx 



30X 



28 X 



32X 



Th« cepv filmad hara has baan raproducad thanHS 
to tha ganaroaity of : 

National hibracy oi. Conadâ 



Tha imaga* «ppaarmy hara ara tha bast quatity 
poasibla considaring iha condition and lagibility 
et tha original copv and m kaaping M«i(h tha 
filming centract apacificationa. 



Orioinal copias in printad papar cowara ara fllmad 
ba^inning with tha front cowar and anding on 
tha laat paga with d priniad or iliuatratad impraa- 
sion. or tha back cowar whan appropnata. Ail 
othar original copias ara filmad baginning on tha 
first paga «with a printad or i:luatratad impraa- 
sion. and anding on tha laat paga wwith a printad 
or iliuatratad impraaaion. 



Tha laat racordad frama on aach microficho 
shall contain tha aymbol —^ Imaaning "CON- 
TINUEO"). or tha symbol V (maaning "ENO'I, 
«whichavar appliaa. 

Mapa, plataa. chana, atc. may ba filmad at 
diffarant raduction ratioi. Thoia too larga to ba 
antiraly includad m ona axposura ara filmad 
baginning in tha uppar laft hand cornar. laft to 
right and top to bottom, as many framaa as 
raquirad. Tha followwing diagrama illustrata tha 
mathod: 




1 2 

4 S 



L'axam plaira filmé fut reproduit gràck à la 
générosiié da: 

Bibliothèqus nation«l« du Canada 



Lai imagat tuivanta» ont «ta raproduitas avac la 
plus grand »oin. compta tanu da la condition at 
da la nanaté da l'axamplaira filma, ai an 
conformité avac laa cenditien* du contrai da 
fiimaga. 

Los axamplairas originaux dont la couvanura an 
papiar ast imprimaa sont filtras 9n commançani 
par la pramiar plat al an larminant soit par la 
darniéra paga qui compona una ampramta 
d'imprassion ou d'illustration, sou par la sacond 
plat, salon la cas. Tous las autras axampiairas 
originaux sont filmés an commançani par la 
pramiéra paga qui compona una ampramta 
o'imprassion ou d'illustration at an larminant par 
la darniéra paga qui comporta una talia 
•mprainto. 

Un dos symboles suivants apparaîtra sur la 
darniéra imaga da chaqua microficha. salon la 
cas: la symbola «-^signifia "A SUIVRE", la 
symbolo V signifia "FIN". 



n 



Las canas. planchas, tablaaux, aie. pauwant atra 
filmés é das taux da réduction diffaranis. 
Lorsqua la documant ast trop grand pour atra 
raproduit an un saul cliché, il ast filma è partir 
da l'angla supérieur gauche, da gauche à droite, 
et de haut en bas. an prenant le nombre 
d'imegea nécessaire. Les diagrammes suivants 
illustrent la méthode. 




2 


3 


5 


6 



MICROCOPY RESOLUTION TEST CHART 

(ANSI and ISO TEST CHART No. 2) 





1^ ËM 



110 

lit 



3.2 
3.6 

4.0 



2.5 
2.2 

2.0 
18 




A APPLIED IIVMGE Inc 

^^ 1653 East Main Street 

SVS Rochester, New York 14609 USA 

'-SS (716) 482 - 0300 - Phone 

^= (716) 288- 5989 - Fax 



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Intprimatur : 

t L.-N. Card. BèGIN, Arch. de Québec. 
34 oct. 1918. 



Niàtl obstat 



34 oct. 1918. 



Jos. HALi.è, Pire. 



tenseur. 



MX^r.îIfL'^'"'^'^ Bibliothèque nationale 
of Canada du Canada 



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'^«^AAAMAM 



*m^>i^>^ Mm ■■■■■■....■...-.■. ^ - - ^^ - ^ - ^ - j- | _ | - | j- | j | j | _ ^ 



SAINT ROCH 

Guéitiicur de toutes le» Maladies épidémiques 



* ^^^^**i^^^*'* > 'i ' «» i - i - i - i j- i j- i j-j I . II - j- , 






I 

La ville de Montpellier au moyen &ge. — Le 
sanctuaire de Notre-Dame des Tables. 

I^a ville de Montpellier présentait au xme siècle 
un aspect particulièrement intéressant. On y pouvait 
voir fonctionner, avec une harmonie parfaite, les 
institutions communales, pendant que le commerce 
et l'industrie y étaient on ne peut plus prospères. 

Son école de médecine déjà si renommée et son 
Université appelée à devenir si célèbre n'étaient- 
elles point, pour cette cité, une raison d'être fière 
d elle-même? 

Montpellier, dit M. Germain, était une ommune 
"à la fois chrétienne, démocratique et savante, type 
Il remarquable de l'alliance alors si générale du ca- 
'' tholicisnie avec les lumières et la liberté,. . . une 
Il ville distinguée par ses progrès, parce qu'elle a été 
" profondément et fermement catholique. " 

Le centre de toute vie dans cette cité chrétienne 
était, sans contredit, le sanctuaire célèbre de Notre- 
Dame des Tables. 

C'est en effet dans ce temple béni qu'en 1204, le 
peuple recevait solennellement du roi d'Aragon, sei- 
gneur de la ville, la charte qui consacrait ses fran- 
chises et ses libertés. 



_ 4 — 



Chaque fois que (\c nouvelles libertés et de nou- 
veaux droits étaient concédés au peuple, c'était m 
l'église de Xotre-Danie qu'ils étaient proclamés. 

Les consuls y > naient prêter serment à leur en 
trée en charge et c'était toujours au signal domié 
par la grosse cloche de Xotre-Damc que se réunis 
saient les assemblées populaires. 

Aussi n'est-il pas surprenant «le voir, dès le com- 
mencement (i\\ xMic siècle, l'image de Marie figurer 
dans les armes de la cité. 

Le bailli qui rendau la justice et les ulTiciers cu- 
riaux qui l'assistaient venaient eux a ssi, à leur 
entrée en fonction, faire « l'autel de Xntrc-Da.ic 
leur serment solenn<.'. 

D'un autre côté, les corporations de métiers, alor^ 
si florissantes, particulièrement à Montpellier. s( 
faisaient tm honneur de relever de " l'Anfiqu" Ma- 
jesté " et de lui former une garde d homieur aux 
jours des processions générales. 

Chaque corporation avait en outre sa procession 
spéciale à l'époque de la grande fêie des Miracles 
(le 31 août). 

C'est encore dans le béni sanctuaire des Tables 
que se produisaient les principales manifestations de 
la vie intellectuelle de cette cité savante. 

C'est là que " les escoliers en droit, " après la sou- 
tenance de leur thèse et leur réception au grade de 
docteur, venaient prêter le serment de leur profes- 
sion et prononcer leur premier discours, pendant 
qu'au dehors la gro^e cloche de Notre-Dame lançait 
au ciel ses joyeuses volées. 

Là encore venaient les escaliers en médecine, avant 
d'être reçus docteurs, soutenir leurs deux dernières 
thèses. 

Tout autour du sanctuaire se trouvaient les rues 
commerçantes df; la ville et l'emplacement du mar- 
ché. De nombreux changeurs avaient adossé leurs 
établis, — leurs tables, — contre l'église même d'où 
le nom de Notre-Dame des Tables. 

Or ces changeurs et tous les gens de négoce 



1 



1 



KiMW li i.- |^»»»4fc^. 



5 



avaient pour l'antiqu*' ma'ion*' tiiic dévotion tré<, 
grande, qui se trarlinsn; mémo par un imp»St qu'ils 
prélevaient volontairement r-. r leur, affaires et qui 
avait nom le denier à Dieu. 

.Vous devons dire entip que Ir sanctuaire \éneré 
avait, pour les habitants fie Moiiip,'|lier. et pour 
les cliiétiens de la région, un autre attrait: et lui des 
miracles. 

Ces miracles, il> s'étaient produits do tous temp.s 
et leur éclat éiait si grand, leur nombre si considé- 
rable que, dès irSo, on célébrait clia<|ue année le îi 
août une )âfe spéciale des Miracles de \otre-Dame 
des 'fables. Timtes les fois qu'une épidémie éclatait 
f-n recourait à .\; irie qui, lisant de sa puissance, 
éloignait aussitôt le Héau. 

Les malades aussi venaient de fo ^ loin, attirés 
surtout par la réputation des médecins. Alais il arri- 
vait souvent, dit un historien, que ceiix-ci, obligés 
de s'avouer impuis.^ant5. malgré toute leur habileté 
envoyaient à Xotic-Dame des Tables les malades 
desespérés. /;/ Xotrc-Dame SDuvetites fois les gué- 
rissait. 

Xous avou'j cru utile de donner i )us ces détails 
sur la ville (,ui devait être la patrie de saint Roch 
et sur le célèbre sanctuaire auquel tant de liens rat- 
tachent, comme on le verra dans la suite, le saint 
dont nous allons narrer l'histoire. 



n 

La famille de saint Toch. — Sa naissance 
miraculeuse — Sa pieuse enfance 

A côté de l'autorité démocratique des conseils, il 
y avait, à Montpellier, les représentants de l'autorité 
seigneuriale. 



— « — 



\>rs la fin du xinc sicrlf, à IVpoquf de la nais- 
sance de saint Roch, le roi de France avait acqnts 
le petit fief de Montpellierct. Quant an tief dr 
Montpellier, le plus important parce <|u'il compre- 
nait la ville elle-niênic, il relevait de l'autorité des 
rois d'AraRon. 

Ceux-ci étaient rci)reseiités par un !iouren\eur 
iiui. en I2«)^. était le seigneur Jean de la Croix. 

Un des àiculs de Jean de la Croix, partant pour 
la croisade, avait mis sur sa cotto d'arme mie 
grande croix qu'il ne «luitta jamais pondant la 
guerre, ni même après son retour; dV.ù lut vint le 
nom du chevalier de la Croix. 

Ses descendants se tirent «loire de '^ nom et con- 
servèrent la croix dans leur blason. 

lean de la Croix, petit-tils du croisé dont nous 
avons parlé, et Libéria de Hongrie étaient de^ 
époux fortement chrétiens à qu- nul bonheur, ui- 
bas, n'eût manqué, s'ils eussent vu leur foyer s ani- 
mer et s'égayer par la présence d"uii enfant. 

Tel était aussi l'objet de leurs ardentes prières, 
tel était le plus grand désir de leur cœur. 

Souvent on pouvait voir la pieuse Libéria, dans 
le sanctuaire vénéré de Xotre-Pante des fables ou 
elle venait confier à la Madone la peine ui remplis- 
sait son cœur. . .... 

Un jour donc que Libéria retlisait a xMarie son 
ardent désir d'avoir un fils, nor pour la gloire de sa 
maison, mais pour le consacrer au service de Dieu, 
la pieuse dame entemlit une voix du ciel qui lui 
disait- "O femme. Dieu t'exauce, un fils te sera 

donné. " ^ , ■. • 

Un fils lui naquit en effet portant sur la poitrine 
une croix rouge: c'était comme la preuve du mir.i- 
cle de sa naissance et l'annonce de sa future sain- 
te*« La mère chrétienne comprit toute la grandeur 
de sa mission, et s'appliqua dès lors à concevoir, en 
quelque sorte, son fils une seconde fois, dans son 
cœur, pour le faire naître à la vie du ciel. 
Libéria ne voulut confier à personne le soin de 



< -<*,o 



nourrir et- fils que le ciel lui donnait ni i-e!ui de 
l'élever. Aussi peut-on i\v>: (\\\v <-'fst dans les liras 
et sur le sein de s;, nu-r»* (|ue co-i aiença pour l«- til'» 
du gouverneur de Mnnt,)t'l!ifr In (Druiatioii du rlin- 
tien héroïque rt <lu saint. 

t»t*s l'ÛKe le plus tendre, Roch tit l'admirai .on «le 
tous ceux i|ui le voyaient. Il y avait chez cet etifaiU, 
«les V'duc de cin(| ans, une «Ji«jvation d'ànie vraiment 
extraor«linaire et vuie piété surprenantf >n le trou- 
vait parfois en prière, sur le pavé «le sa chatnlire et 
dan.s l'attitude «1-* l'extase 

il joignait à l'atnour «le la prière une gratule atna- 
hililé; il était cordial et atïah'-.*. Ses nianiires étaient 
nobles et engageantes, coinn il convenait à un sei- 
gneur «le son ran>î. 

Mais le (|ui dominait surtout en lui, c'était l'amour 
«les pauvres, ces amis du h«in Dieu, comme il les ap- 
pelait. 

D'ailleurs Roch était à bonne école pour la cha- 
rité. Sa bonne mèrf était en effet la providence des 
malheureux; tout jeune encore il l'accompagnait 
«lans ses visites aux htjpitaux ou aux familles pau- 
vres, faisant, lui aussi, de petites aumônes avec ies 
étonomies qu'il réaK ait sur ses menus plaisirs. 



lîl 



Jeunesse pieuse et studieuse de saint Roch. 
Modèle qu'il offre aux jeunes gens 



Saint Roch avait été admirable par sa piété dès 
l'âge le plus tendre; il ne démentit jamais ses pre- 
miers sentiments, même à l'âge des passions. Ses 
vertus au contraire ne tirent que s'afïcrmir par la 



8 — 



pratique. Aussi peut-on le donner comme modèle 
aux jeunes gens. 

La piété et le travail se partagèrent sa jeunesse. 
Après de sérieuses études, à l'âge de seize ans, Roch 
fut confié à des maîtres savants qui commençaient 
alors les traditions de profonde science, conservé ^ 
depuis dans l'Université de Montpellier; un chroni- 
queur nous apprend qu'il était tellement ardent à 
s'instruire que ses condisciples le proclamaient le 
premier de tous, et que ses maîtres ne craignaient 
point de lui promettre un brillant avenir. 

Mais le succès de ses études était loin de com- 
promettre en lui le développement de ses belles ver- 
tus ; pour se délasser du travail intellectuel, Roch se 
plaisait à aller fréquemment dans le sanctuaire 
béni de Notre-Dame des Tables, dans l'église de 
Saint-Firinin ou dans la chapelle de Sainte-Croix; 
d'autres fois, cédant déjà au goût pieux des pèleri- 
nages qui devait plus tard l'entraîner vers Rome, il 
allait visiter les sanctuaires célèbres des environs de 
Montpellier et ph.s particulièrement celui de Mague- 
lonne où il retrouvait le souvenir des temps aposto- 
liques. 

11 aimait aussi beaucoup à venir s'entretenir des 
choses de l'âme avec les religieux franciscains. Peut- 
être le souvenir du passage de saint François d'As- 
sise et surtout de saint Antoine de Padoue l'attirait 
vers le modeste couvent de ces pauvres religieux, 
au faubourg de Lattes. 

Rien de surprenant dès lors que pour faire un pas 
de plus dans la voie de la sainteté, il se' soit enrôlé 
à cette époque dans le tiers-ordre de Saint François, 
vers lequel l'attirait son amour de la souffrance et 
du détachement. 

Roch trouvait du temps pour travailler, i\ en 
trouvait pour prier et pour faire de fréquents pèle- 
rinages. Indépendamment de ces œuvres excellentes, 
tous les jours c'était pour lui une pieuse coutume 
de se rendre sur la place du Petit Scel où se trou- 
vait une hôtellerie pour les pèlerins, et il n'était 



Vlitraih 4?$^.^; 



_ 9 — 



jamais plus heureux que lorsqu'il pouvait venir en 
aide, par ses soins et par ses aumônes, à quelf|u'un 
(le ces pauvres du bon Dieu, heureux d'en recevoir 
en échange le récit des merveilles de la Ville Eter- 
nelle ou de Jérusalem. 



IV 



Saint âoch renonce aux honneurs et se 
détache de tous ses biens pour mieux 
appartenir à Dieu 

Saint Roch touchait à sa dix-neuvième année : sa 
vie jusque-là avait été toute de bonheur et d'inno- 
cence. 

Mais Dieu permettrait plutôt que périssent le ciel 
et la terre que de priver d'épreuves ceux qu'il ap- 
pelle à une sainteté élevée. Aussi ménagea-t-il à 
Roch, comme pour commencer à travailler et à for- 
mer son âme, de ces épreuves qui laissent dans le 
cœur une impression cruelle, mais qui. prises chré- 
tiennement, rélèvent au-dessus de lui-même. 

En peu de temps le pieux jeune homme eut la 
douleur de fern'er les yeux à son noble père Jean 
de la Croix et de recevoir le dernier soupir dç la 
sainte que le ciel lui avait donnée pour mère. 

Le lien de son affection filiale rompu par la mort 
de ses parents, rien ne pouvait plus désormais atta- 
cher le jeune Roch à la terre. Xi ses parents moins 
proches, ni la fortune considérable dont il devenait 
le libre possesseiir, ne purent le détourner de suivre 
la voix de Dieu qui l'appelait à une vocation plus 
qu'ordinaire. Sa résolution était prise, il aspirait 
après la pauvreté et la souffrance. 



— 10 — 

Il y avait lieu d'espérer que la dignité de gouver- 
neur de Montpellier lui serait tôt ou tard confiée. 
Mais pas plus les honneurs que la fortune ne furent 
capables de l'arrêter. 

C'est entre Is mains de Guillaume Roch de la 
Croix, son oncle paternel, que notre saint laissa la 
dignité de gouverneur. 

Quant à sa fortune, il résolut de la mettre en lieu 
sûr avant de quitter son pays et, suivant la parole 
de l'Ecriture, il voulut placer ses trésors à l'abri de 
la rouille et des voleurs. 11 ne trouva rien de mieux 
que de les verser dans le sein des pauvres, ses amis. 

Et ces pauvrs, ils étaient nombreux, car la famine 
et une grande misère étaient en cette année la con- 
séquence d'une sécheresse de sept mois. 

Or il advint qu'un jour, après s'être ainsi dépouillé 
de tout ce qu'il possédait en ce monde, Roch convia 
au sanctuaire vénéré de Notre-Dame des Tables 
tous ceux de sa parenté; après avoir longtemps prié 
et après avoir obtenu la bénédiction du prêtre, il 
embrassa son oncle, lui demanda aussi sa bénédic- 
tion et s'éloigna de sa ville natale. 



Dévouement de saint Roch envers les 
pestiférés. 

Le désir de visiter Rome et ses nombreux sanc- 
tuaires poussait sans doute Roch vers l'Italie, mais 
il désirait aussi trouver dans ce voyage de rudes et 
nombreuses occasions de pénitence. Aussi ses cour- 
ses étaient-elles longues, et lorsque, exténué de fa- 



?V*W-T.,, 



— 11 — 



tigue, il était obligé d'accorder à son corps un peu 
de repos, il allait frapper à la porte de quelque cou- 
vent et demandait un abri pour la nuit et l'aumône 
d'un peu de pain. 

En cheminant ainsi, il traversa le midi de la 
France, franchit le défilé des Alpes et arriva en 
Italie. Il chemina encore à travers les plaines fer- 
tiles et enchanteresses de ce pays. Il touchait déjà 
au terme de son voyage, lorsque soudain la nature 
si belle jusque-là sembla se revêtir d'un voile de 
tristesse. Les villes et les campagnes étaient presque 
abandonnées; la peste venait d'apparaître. 

Roch se souvint alors que Jésus-Christ réside en 
quiconque est souflfrant; aussi n'hésita-t-il pas un 
seul instant à se mettre au service des malheureux 
atteints par la peste. 

Une ville était, là devant lui, cruellement éprou- 
vée par le fléau: c'était Acquapendente. Roch se 
présente à l'hospice et tout couvert encore de la 
poussière du chemin, accablé de fatigue à la suite 
d'une longue marche, il vient s'offirr à soigner les 
pestiférés abandonnés. 

11 était beau à voir, dans cet asile de la souf- 
france, ce jeune homme se dévouant aux soins des 
moribonds. On eût dit que, toute sa vie, il s'était 
préparé à ce pénible ministère. Avec quelle habileté 
et quelle bonté, il se prodiguait auprès de .chacun. 
C'était comme un ange consolateur qui savait à la 
fois adoucir les souffrances du corps et aider l'âme 
à s'élever vers le ciel. 

D'ailleurs la main de Dieu était avec lui, car 
depuis son entrée dans la ville, la peste avait perdu 
de sa force et l'on disait déjà, dès les premiers 
jours, que le pieux jeune homme avait obtenu mira- 
culeusement la santé à des malades, en invoquant 
sur eux le nom de Jésus, ou en les marquant du 
signe de la cïoix. 

Ces miracles se confirmèrent et se multiplièrent 
au point qu'il n'y eut bientôt plus, dans toute la 
ville d'Aquapcndente, rendue à la santé et à la 



— 12 — 

joie, qu'une voix pour bénir le Seigneur qui avait 
envoyé un saint pour chasser le fléau. 

Mais l'humilité de notre saint s'épouvanta bien- 
tôt des honneurs et des louanges qu'on lui adres- 
sait ; pour s'y soustraire, il disparut un jour et per- 
sonne ne put dire en quel lieu il s'était retiré. 

Une pieuse tradition assure, et les faits ne l'ont 
jamais démentie, que saint Roch aurait promis à 
cette ville, premier théâtre de son pouvoir surna- 
turel, qu'elle ne serait jamais atteinte désormais 
par la peste. 



VT 



Dévouement de saint Roch à Cezène, 
Rome, Plaisance, etc. 



Une fois sa mission terminée dans la cité d'Ac- 
quapendente, il semblait que Roch dût se diriger 
vers la ville de Rome, but de son pèlerinage. Aussi 
es-ce de ce côté que les habitants d'Acquapendente 
portaient leurs recherches pour essayer de retrouver 
la trace de leur libérateur. 

Tout à coup l'on apprend que du côté de l'Adria- 
tique, assez loin de Rome, la peste ravageait la ville 
de Cezène, et, qu'au milieu de cette calamité, on re- 
marquait le dévouement d'un jeune étranger. 

Voici Ce que l'on racontait sur ce jeune inconnu. 
On l'avait vu un jour arriver aux portes de la ville, 
tomber aux pieds d'une madone et y prier long- 
temps; puis, sa prière finie, des anges lui avaient 
porté de la part de Dieu des pouvoirs étendus contre 
la peste et le prenant par la main l'avaient introduit 
dans la cité. Or chaque fois que le jeune homme 
avait tracé sur Its malades le signe de la croix, 



— 13 - 



ceux-ci avaient retrouvé miraculeusement la santé. 

Fort du pouvoir qu'il tenait de la bonté de Marie, 
Roch se répandit dans les localités environnantes, où 
la peste faisait aussi des ravages considérables et 
partout, avec l'aide du ciel, il ramena la santé pour 
les corps et l'amour de Dieu dans les âmes. 

Le fléau qui avait déjà attemt une grande partie 
de l'Italie reculait devant le puissant thaumaturge, 
mais refusait d'abandonner sa proie. On apprend 
soudain qu'i4 venait de faire son apparition dans la 
ville éternelle. A cette nouvelle Roch se met en 
route et se dirige vers Rome. Il en sera le protec- 
teur, car il est l'envoyé du Dieu des miséricordes, 

A Rome, comme partout, Roch ne voulut con- 
naître d'autre demeure que les hospices où il pro- 
diguait ses soins aux malades, et les sanctuaires 
où il cherchait dans la prière le repos nécessaire 
après ses longues fatigues. 

Ce fut dans l'un de cf^s sanctuaires et pendant 
qu'il assistait à la sainte messe, qu'un card-nal, 
témoin depuis quelque temps de son grand dévoue- 
ment et poussé par une inspiration d'en haut, le 
supplia de demander à Dieu la cessation du fléau. 

Roch s'en défendit par humilité ; mais cédant 
aux instances du cardinal, il adressa au ciel une 
ardente prière et à partir de cet instant les miracles 
recommencèrent partout sur son passage. Un de 
ses biographes exprime ce fait avec un laconisme 
très éloquent: Il signait les malades et ils étaient 
guéris. 

Nous ne pouvons suivre notre bienheureux dans 
tous les détails de sa vie de thaumaturge ; qu'il 
nous suffise de dire que bientôt le mal disparut 
entièrement de Rome et Roch après avoir satisfait 
sa dévotion reprit le chemin de sa patrie. 

Partout où sur ses pas se trouvait une ville déci- 
mée par la peste, Roch s'arrêtait et renouvelait les 
prodiges qui l'accompagnaient en tout lieu. 

Une des étapes les plus remarquables de ce retour 
fut eelle 4e Plaisance. La tristesse et la mort ré- 



— u — 



gnaient dans cette ville lorsqu'un jour, elle aussi, 
vit arriver l'étranger. 

Le pèlerin, avant de rentrer dans la ville, voulut 
prier dans un petit sanctuaire dédié à Marie sous le 
vocable de Notre-Dame de Bethléem. Durant sa 
prière une voix du ciel se fit entendre : " Lève-toi 
et va secourir tes frères de Plaisance, " lui disait- 
elle. Le jeune homme obéit et se rendant au chevet 
des mourants, il les signa de la croix du salut et les 
gtiérit. — Bientôt la peste eut totalement disparu de 
cette ville. 

Il est un fait à remarquer, c'est que partout où 
Roch allait remplir son ministère de charité il re- 
nouvelait ce qu'il fit en entrant dans la première 
ville qu'il secourut. 

Pendant toute sa vie, il professa pour Marie la 
plus grande dévotion. Ne lui devait-il pas sa nais- 
sance miraculeuse? De plus, Roch avait vu dans sa 
ville n'r ^.ale, avec quel succès éclatant on invoquait 
Notre-Dame des Tables toutes les fois qu'un mal 
contagieux apparaissait. Aussi avant de voler au 
secours des pestiférés, tombait-il à genoux aux 
pieds d'une madone, ou dans un sanctuaire de Ma- 
rie et là il demandait à la Mère de Dieu la force de 
guérison qui brillait si merveilleusement en lui. 

Marie se plaisait à écouter son serviteur si dévoué 
et dans ses mains elle déposait en quelque sorte sa 
puissance. 

Dès que saint Roch avait paru dans une ville 
contaminée pai la peste, la confiance enaissait 
aussitôt. Mais sa puissance n'a point cessé de se 
manifester et il suffit d'un rapide coup d'oeil sur les 
prodiges qu'il continue d'opérer depuis sa mort. 

Le voyageur pieux trouve le souvenir des bien- 
faits nombreux de l'admirable guérisseur, dans toute 
l'italie surtout, où les sanctuaires et les autels dé- 
diés à notre Saint abondent. L'Espagne le tient 
dans la plus grande vénération pour des faveurs 
remarquables obtenues par son intercession. Tous 
les pays du monde connaissent sa puissance et 



— 16 — 

honorent son nom; partout on a recours à lui dès 
(Mie la peste ou le choléra apparaissent. 

La France tient à honneur de célébrer son glo- 
rieux enfant si puissant auprès de Dieu e. .a viiie 
de Montpellier se fait gloire d'une protection par- 
ticulière qui ne s'est jamais démentie. 

Quels plus puissants motifs de conhance pou- 
vuns-nœis avoir? quelle plus grande garantie pou- 
vons-nous demander que ce concert unanime de six 
siècles qui proclament !a puissance de saint Roch. 



VI 

Saint Roch «n proie aux douleurs 
de Ta peste 

Plaisance était délivrée de la peste ; mais Roch y 
continuait son rôle de bienfaiteur. La ville subis- 
sait avec peine la domination d'u tyran cruel: on 
'ad're^sa a'u sai pour lui demander d'éloigner de 
la cité ce nouveau fîéau. Roch, comme il le faisait 
en toute circonstance grave, eut lui-même recours 
à la Sainte Vierge. 11 vint la prier dans le petit 
^anctuaiîë de Nofre-Dame de Bethléem et en rap- 
porta l'assurance d'une prompte de ivrance..Le Jen- 
demain, ■. effet, le tyran était mis en fuite a , la 
suUe d'une révolte et la ville tombait aux mams 
d'un orince plus humain. , . 

Cependant approchait pour le saint guérisseur e 
moment de l'épreuve. Il ne saurait en effet y avo r 
ïâme grande et de vertu véritable sans l'auréole 
de Ta souffrance; ainsi Dieu le veut-il depuis le jour 
où Jésus-Christ son fils a couronne^ l'œuvre de son 
incarnation par les souffrances du Calvaire. 
Que de fois au tnilieu de ces jours de tristesse %t 



— 16 — 



de deuil, Roch n'avait-il pas offert sa propre vie 
pour apaiser la colère de Dieu ; que de fois ce cri 
s'était échappé de son cœur : " Mon Dieu, frappez 
votre inutile serviteur et épargnez ces populations 
malheureuses. " Dieu avait tardé à exaucer cette 
prière tant que le ministère de Roch était utile aux 
habitants de Plaisance: maintenan partout régnent 
la tranquillité et la joie, le moment est venu d'ac- 
cepter le sacrifice de la victime qui s'est offerte 
elle-même. 

Une voix retentit un jour aux oreilles de Roch: 
" Mon fils je vais te donner une part à mon calice 
de douleur, la contagion va te frapper à ton tour. " 
Et sub'iement les symptômes de la peste se mani- 
festent en lui. Il ressentit surtout une douleur in- 
supportable à la cuisse où une plaie fut bientôt 
ouverte. Ses souffrances étaient si grandes qu'elles 
lui arrachaient, malgré toute son énergie, des cris 
désespérés. 

Le Saint ne voulant pas troubler par sa présence 
et par ses cris une ville déjà si éprouvée, rassembla 
tout ce qui lui restait de forces pour s'éloigner de 
Plaisance, et les habitants oublieux des services si 
grands qu'il leur avait rendus, le laissèrent partir 
tout seul dans ce triste état. 

Auprès de là se trouvait une forêt: le Saint y 
chercha un abri dans l'enfoncement d'un rocher. 
Alors, épuisé par le mal et par l'effort qu'il venait 
de faire, il se laissa tomber à terre en proie à des 
souffrarfces mortelles. 

Dans cet extrême abandon, une prière s'échappa 
des lèvres du Saint : " Si, du moins, s'écria-t-il, 
j'avais un pu d'eau pour étancher la soif ardente 
qui me dévore, et l'assurance que malgré ma misère 
je ne suis point abandonné de Dieu ! " 11 dit et sou- 
dain Dieu se plut à inonder l'âme du Saint de con- 
solations intérieures, en même temps qu'il faisait 
jaillir à ses pieds une source miraculeuse, claire et 
abondante. 

Roch remercia Pieu, se désaltéra et avec cette 



\ 



i9 

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— 17 — 

eau miraculeuse il lava sa hlcssure. A partir de ce 
moirient, les douleurs devinrent p'MS supportables et 
le Saint bénissait Jésus-Christ de la part qu'il lui- 
accordait dans sa sainte passion. 



VIII 

Saint Roch et saint Oothard 

Non loin de l'asile que s'était choisi saint Roch, 
se trouvait le château où Gothard Palastrell." noble 
habitant de Plaisance, s'était retiré pour fuir la 
pt ste. 

Or, il advint qu'un j ;ir, ce seigneur s'aperçut 
qu'un de ses chiens s'emparait d'un pain et se diri- 
geait avec son butin vers la forêt. Poussé par la 
curiosité, ou mieux encore par la main de Dieu, 
Gothard suivit l'animal jusque bien avant dans le 
bois. 

Bientôt, à travers le feuillage, il vit dans l'enfon- 
cement d'un rocher, un jeune homme qui gisait en 
proie à de grandes souffrances. C'est aux pieds du 
malade que le chien venait de déposer le pain qu'il 
portait. Le jeune homme levant Is yeux vers le ciel, 
avait remercié Dieu et béni le charitable animal qui 
de son côté manifestait sa joie par des caresses et 
des aboiements. 

Ce spectacle toucha profondément le cœur de 
Gothard : il voulut, écartant le feuillage, arriver 
jusqu'au pauvre malade, mais un cri le retint. . . 
" Eloignez-vous ! fuyez de peur de la terrible con- 
tagion ! je suis frappé de la peste." 

Gothard saisi de frayeur s'enfuit ; mais le lende- 
main, poursuivi par le remords, honteux d'avoir 
ainsi abandonne un homme, qui, sans aucun doute, 



— 18 



était un ami de Dieu, nt voulant pas, d'ailleurs, 
ctre vaincu en fénérosité par un animal sans rai- 
son, il revint dans la foret et s'offrit à soulager le 
patient. Il eut votilu lui voir accepter l'hospitalité 
dans sa demeure où les soins lui eussent été pro- 
digués par son médecin et par ses serviteur^. Roch 
ne voulut rien accepter de tout cela, il consentit 
seulement à ce qu'on disposât quelques branches 
pour abriter un peu mieux son asile, 

Gothard revenait, tous les jours auprès du ma- 
lade de la forêt, conduit par une impulsion inté- 
rieure qu'il ne comprenait pas, et chaque jour il 
sentait s'opérer dans son cœur d'étranges transfor- 
mations. 

Un jour enfin il s'en ouvrit à Roch sur le desir 
de plus en plus grand qu'il éprouvait de suivre la 
voix intérieure qui l'appelait à Dieu. — "Que dois-je 
faire, lui demanda-t-il, pour devenir meilleur? et 
Roch lui répéta la parole du divin Maître : " Que 
celui qui veut me suivre vende tout ce qu'il possède 
et en donne le prix aux pauvres. " 

Gotha, d, malgré de nombreux obstacles et de 
rudes tentations, suivit le conseil de l'Evangile et 
aprrrs s'être défait de tous ses biens, il se retira avec 
Roch dans la cabane de Sarmato. 

Là, ils s'adonnèrent à la prière et Gothard, sous 
la direction de Roch s'avançait à grands pas dans la 
voie de la perfection chrétienne. Qui pourrait re- 
dire leurs saints entretiens et retracer les élans 
pieux de ces deux âmes d'élite? 

Pendant plusieurs mois, Roch ne quitta pas sa 
solitude! le mal, d'ailleurs, était opiniâtre. Une fois 
cependant il revint à Plaisance; la peste venait en- 
core d'v faire son apparition. A peine se fut-il 
montré,' et eut-il répandu sur les malades ses bér.é- 
dictions, le fléau disparut de nouveau. 

Après avoir rempli snn ministère, le thaumaturge 
se traîna de nouveau vers sa solitude. 

Sur son passage les animaux domestiques aban 
donnés dans les champs, les bêtes sauvages %t les 



"i 



— 19 — 



oiseaux du cif I. tous atteint du mal terrible qui 
s'étendait partout avec les miasmes. . . tous ces ani- 
maux vinrent se placer sur le passage du Saint 
guérisseur. 

Et saint Roch, comme autrcf< saint François 
d'Assise bénissant toutes ces pauvres créatures du 
bon Dieu les guérit. . . 

Dans ce trait se trouve expliquée la raison de la 
bénédiction solennelle doiniée aux troupeaux et aux 
animaux domestiques au jour de la fête du Saint. 

De retour dans sa cabane de branches, Roch ne 
tarda point à guérir par la volonté de Dieu. En 
même temps il recevait, d'en haut, l'ordre de retour- 
ner dans sa patrie. 

Le jour du départ venu, Gotnard voulait suivre 
cet ami précj-ux qui lui avait appris à tout mé- 
priser ici-bas et à n'estimer que le ciel. Il s'était 
créé, en effet, entre ces deux âmes, une telle inti- 
mité q-'e la séparation devait êt-e bien douloureuse. 

Cependant telle était la volonté de Dieu, Roch 
devait revenir dans son pays où l'attendaient des 
épreuves- nouvelles; Gothard devait coiiti^mer à 
mener la vie érémitique. 

Le disciple demeura longtemps dans la forêt de 
Sa-mato et souvent il venait dans le sanctuaire de 
Notre-Dame de Bethléem, où saint Roch avait tant 
de fois obtenu pour Plaisance des faveurs signa- 
lées. Gothard avait autrefois cultivé la peinture; il 
usa de son talent pour fixer, sur les murs de la cha- 
pelle, l'image de saint Roch et l'histoire merveil- 
leuse de sa vie. 

Puis un jour Gothard disparut. Il était allé cher- 
cher sur un des plus hauts sommets des Alpes, qui 
aujourd'hui, porte son nom, une solitude plus com- 
plète. 



— 20 — 



IX 

Retour de. sa w Roch dans sr patrie. . 
Il est arrêté et mis en prison. 

Roch avait donc repris son bâton de voyage et 
seul, il se dirigeait vers la France à travers la 
H ute Italie. Ceux qui it rencontraient sur leur che- 
m.n étaient loin de douter qu'ils coudoyaient le 
grand guérisseur de la peste. Roch se plaisait à 
s'envelopper dans le silence et le mystère il était 
si heureux de passer inconnu. 

Mais, bientôt, voilà les Alpes franchies, Roch se 
retrouve sur le chemin de la Provence et du Lan- 
guedoc qu'il avait déjà parcourus. Enfin, dans le 
lointain il aperçoit les clochers do sa ville natale: 
encore quelques heures de marche et il arrive à 
Montpellier. 

Montpellier était alors troublé par la guerre et 
divisé entre deux partis qui s'en disputaient la 
possession. C'est au milieu des haines et des mé- 
fiances causées par cet état malheureux que Roch 
rentrait dans son pays. 

t'ar son air de grande fatigue, par le désordre 
de son vêtement, Roch n'attira sur lui l'attention 
que pour éveiller la méfiance. Qui sait, pensr-t-on. 
si t'est là un véritable pèlerin? Les Minemis pour- 
raient biei. avoir envoyés sous ce déguisement un 
espion pour nous surprendre et nous trahir. 

Roch, à peine eut-il atteint les portes de la ville, 
vint s'asseoir, n'en por.vant plus de fatigue, sur un 
banc de pierre, que la tradition a longtemps con- 
servé. Là, il est bientôt entouré; on veut avoir de 
lui, comme de tous les autres pèlerins, des détails 
curieux et édifiants sur son voyag?. D'où venait-il? 
Quels sanc'M:i^res avait-il visités? Telles étaient les 
questions que l'on posait au pèlerin. 

Mais Roch craignant d'avoir à p rler de ce qu'il 
avait fait de merveilleux en Italie et ne voulant 






— 21 — 

pas surtout, en se prêtant aux questions indiscrètes, 
en venir à dévoiler qui il était, répondit brièvement 
et d'une façon évasi\ e. 

Cett" réserve excessive fortifia les soupçons qu'on 
avait conçus sur son compte; sûrement c'était un 
espion. Le gouverneur fut averti de l'arrivée de cet 
étranger, de son attitude suspecte... et sur son 
ordre fut jeté en prison. 

Le pèlerin n'avait qu'à se nommer au gouver- 
neur, qui n'était autre que son oncle et aussitôt 
on t'eût rendu à la liberté et on lui eût fait l'accueil 
qui était dû à son rang et à sa sainteté. 

Mais lorsque Jésus-Christ a fait goûter à une 
âme les consolantes douceurs de l'épreuve chré- 
tienne, l'âme s'attache à l'épreuve et la désire pour 
son héritage. 

Roch préféra rester inconnu et méprisé dans sa 
prison. Là, du moins, il trouvait au sein m'n.e de 
sa patrie, à peu de distance du sanctuaire aimé de 
Soi^e-Dume des Tables une solitude où il pouvait 
s'adonner à la prière et bien souvent à l'extase. 

Et que lui importait, à cet homme dépouillé de 
tout, que sa vie s'écoulât dans les murs obscurs 
d'une prison ou au grand air de la libert»'? Il se 
savait sous l'œil de Dieu et si les hommes le trai- 
taient comme un malfaiteur, il avait le consolant 
espoir que Dieu le traiterait bien mieux dans sa 
paternelle bonté. 



Mort de saint Roch 



Pendant quatre ans, saint Roch gémit au fond de 
son cachot. Jamais on n'avait vu prisonnier aussi 
soumis et résigné. Souvent les geôliers le surpre- 
naient à genoux, profondiément plongé dans la 



— 22 



prière et dans le ravissement. Malgré tous les 
signes de son innocence,, Dieu permit qu'on n'eût 
pas la pensée de le mettre en liberté. 

Dans ce dernier creuset, son âme s'épurait et se 
préparait au ciel. Roch avait besoin de cette soli- 
tude pc ur s'occuper de son âme et Dieu, qui n'aime 
point le bruit, avait besoin de cette retraite absolue 
pour parler au cœur de son serviteur. 

Sans nul doute, les messagers de Dieu durent 
bien souvent visiter le saint dans sa' prison, le^ 
anges vinrent fortifier son ".me dans les moments 
de découragement et le prêtre, qui, alors pouvait 
pénétrer partout où des âmes souffraient, venait 
quelquefois consoler ce délaissé volontaire. 

Un jour, le prisonnier demanda le prêtre. Quand 
le ministre de Dieu fut venu, Roch voulut se con- 
fesser et recevoir les sacrements, car, disait-il, sa 
fin était proche. Quelle consolation ce dut être pour 
le prêtre, de pénétrer dans cette conscience de saint 
qui se manifestait à lui. Il eut la dou«t.e vision d'une 
vie de trente-deux ans complètement dépensée pour 
Dieu, Combien elle contrastait, cette âme si blan- 
che et si pure, avec le noir cachot qui ne renferme 
généralement que des consciences criminelles. 

Roch reçut les sacrements avec la piété d'un 
ange ; puis il demanda à demeurer trois jours en- 
tiers dans la solitude la plus complète afin de se 
mieux préparer à la mort par la méditation de la 
sainte Passion de Jésus-Christ. 

Cependant les choses extraordinaires que l'on ra- 
contait de la patience, de la piété du prisonnier 
avaient ému l'opinion en sa faveur et les bourgeois 
de Montpellier s'indignaient que l'on retint plus 
longtemps un innocent dans les fers. 

Le troisième jour finissait, quand soudain la pri- 
son s'illumina, et une voix céleste se fit entendre : 
" Roch, le Seigneur m'envoie pour recueillir ton 
âme. Voici l'heure de la récompense! Si tu as dans 
le cœur un désir, faite-le connaître, Dieu te l'accorde 
d'avanc*, " 



— 23 — 



Et Roch, dont le corps s'affaiblissait de plus en 
plus, rassembla ses forces et fit cette prière : '" Puis- 
qu'il plaît à Dieu m'accorder une grâce, je désire 
qu'il guérisse de la peste, quiconque le lui deman- 
dera en mon nom. " 

Puis le silence se fit et l'àme de Roch s'envola 
vers lec iel. 

On pénétra alors dans la prison ; elle était mer- 
veilleusement éclairée par l'auréole qui entourait la 
tête du saint, et tout embaumée d'un céleste parfum. 
Auprès de la couchette où reposait le bienheu- 
reux, on apercevait des tablettes sur lesquelles 
étaient gravés en lettres d'or ces mots : " Roch sera 
votre protecteur contre la peste." 

Roch ! ce nom n'était point inconnu ; c'était celui 
du fils de l'ancien gouverneur. Bien des années 
s'étaient écoulées depuis que ce jeune seigneur 
avait quitté sa patrie; il était parti en pèlerm et 
plus jamais on n'avait entendu parler de lui. 

Un doute s'éleva dans toutes les âmes. Serait-ce 
lui?... Mais voici la vieille mère du gouverneur; 
elle est accourue au récit des merveilles de cette 
sainte mort, et pour pénétrer le mystère qui plane 
sur le saint prisonnier, elle lui découvre la poitrine 
et met à découvert la croix rouge qu'elle se souvient 
avoir vu briller sur la poitrine de Roch naissant. 

Plus de doute, c'est bien lui! à cette vue la noble 
dame se jette sur le corps de son petit-fils, le 
couvre de baisers et à travers ses larmes et ses san- 
glots, elle dit au gouverneur: "Ce prisonnier, mon 
fils, est votre neveu! Que le ciel vous pardonne de 
l'avoir fait tant souffrir ! '' 



— 24 — 



XI 



Les hommages rendus à saint Roch après sa 
mort. — Efficacité de son intercession. — 
Le concile de Constances. 

Le premier hommage rendu à saint Roch, ce 
furent les funrailles solennelles que lui tirent ses 
concitoyens La ville entière y accourut et chacun, 
en racontant quelqu'une des merveilles qui avaient 
accompagné sa mort proclamait d'avance sa sain- 
teté. 

Au 'endemain même ûr sa mort une chapelle fut 
construite pour abriter ses précieux restes, par les 
soins de Messire Guillaume de La Croix, gouver- 
neur de Montpellier, oîicle paternel de notre saint. 

Au témoignage des historiens, les miracles se 
multiplièrent auprès de son tombeau et l'on éprouva 
bientôt la grande efficacité de son intercession au- 
près de Dieu. 

La ville de Montpellier plusieurs fois affligée de la 
peste recourut à saint Roch et fut par lui délivrée 
comme le prouvent les récits de l'histoire et la pla- 
que commémorative placée dans l'ancienne église 
de Notre-Dame des Tables. 

Quoi de surprenant que dans sa ville natale on 
environnât dès lors d'une vénération très grande, 
tout ce qui de près ou de loin rappelait le souvenir 
de saint Roch, le banc ovi fatigué il s'assit et où il 
fnt arrêté, la maison où il naquit, etc. 

Ce banc, -onservé pendant des siècles, était res- 
pecté par 1er enfants eux-mêmes qui aimaient fort à 
s'y asseoir, mais qui ne jouaient jamais dessus. 

Les siècles ont passé aussi, ramenant chaque an- 
née une foule énorme à la maison de saint Roch, le 
jour du i6 août, sans rien diminuer de l'affluence ni 
de la confiance de ce peuple désireux d'emporter 
quelques gouttes de l'eau d'un puits qui se trouve en 
ce lieu, et que l'on dit être un préservatif contre les 
maladies contagieuses. 



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^-:*iO 



— 26 — 

En 1399, un illustre maréchal de France, Messire 
Boussicaut, passant par Montpellier, demanda 
comme une grande faveur, une relique de l'illustre 
guérisseur. Cette relique lui fut accordée, et plus 
tard le maréchal en fit hommage aux Trinitaires 
d'Arles qui la firent enchâsser dans un superbe reli- 
quaire. 

Sans doute les pays parcourus par je sanit, la 
Provence et les nombreuses provinces d'Italie où il 
avait passé faisant de si éclatants prodiges de gué- 
rison, voulurent rivaliser de reconnaissance avec 
Montpellier, dans le culte qu'ils rendirent au bien- 

heurey 

Mai=. cela ne suffirait point à expliquer comment 
cette dévotion se répandit si rapidement dans l'uni- 
vers chrétien. 

La Providence se réserva de manifester elle- 
même d'une façon aussi imprévue qu'éclatante, la 
sainteté et la puissance du thaumaturge montpel- 

liérain. . , . . ^ 

En 1414, un concile général était réuni a Cons- 
tances. C'était donc moins d'un siècle après la mort 
du saint. . 

La ville regorgeait de monde; il y avait des 
évêques, des religieux, des prêtres, venus de tous 
les points du monde, puis la foule énorme que les 
affaires importantes du concile avait attirée. 

Or, c'est au milieu des travaux du concile et de 
cette' affluence extraordinaire que la peste s'abattit 
sur la ville de Constance. , ti< . 

Effrayés par l'apparition du fléau, les Pères du 
concile songeaient à se séparer, quand un jeune 
homme levant la voix dans l'assemblée, protesta 
qu'il était du devoir des évêques dans les circons- 
tances pénibles où se trouvait l'Eglise, de ne point 
se séparer avant d'avoir achevé leurs travaux. 

D'ailleurs, ajouta le courageux jeune homme, 
pourquoi redouter la peste quand on peut la con- 
jurer par l'intercession de saint Roch. 

Ces paroles furent un trait de lumière et a quel- 



ima 



— 26 — 



ques jours de là, dit le célèbre historien Barc.ius, 
une admirable procession, d'une extraordinaire ma- 
gnificence eut lieu. 

En tête du cortège oo portait l'image du bien- 
heureux ; les Pères du concile suivaient en habits 
pontificaux ; après eux venait la multitude des clercs 
et des prêtres. On pouvait voir dans cet admirable 
cortège, le roi Sigismond lui-même, qui marchait 
environné des grands de sa cour et des ambassa- 
deurs des diverses nations catholiques. Ce fut pour 
le modeste saint de Montpellier un indescriptible 
triomphe. La peste disparut aussitôt. 

Les évêques emportèrent sur tous les points du 
globe le souvenir de l'intercession si efficace de saint 
Roch et dès lors partout on l'invoqua, et partout on 
voulut posséder quelque relique du saint guérisseur. 

Pendant que Montpellier se prêtait généreusement 
aux pieux désirs des zélateurs de saint Roch et dis- 
tribuait quelques-unes de ses* précieuses reliques, 
conservant toutefois la plus précieuse, c'st-à-dire 
son corps entier, il advint qu'un jour douze reli- 
gieux franciscains débarquèrent au port de Lattes, 
près Montpellier, venant d'Italie pour accomplir au- 
près du tombeau de saint Roch un pieux pèlerinage 
de reconnaissance. 

Ils demandèrent la faveur de passer la nuit dans 
l'église, ce qui leur fut accordé sans méfiance. 

Au lever du jour on ne trouva ni les religieux, ni 
le corps du saint. . . Les Vénitiens, fort confiants en 
la puissance du thaumaturge, n'avaient pas reculé 
devant ce pieux larcin pour s'attribuer ainsi ses 
restes précieux. 

La ville de Montpellier a pu obtenir depuis deux 
reilques importantes de saint Roch, l'une provenant 
du reliquaire d'Arles et l'autre qui provient de la 
relique de Venise. 

Une église a été construite au centre même de la 
ville, pour abriter ces reliques et proclam.er la re- 
connaissance des habitants. — Pourquoi faut-il que 
le mauvais vouloir et les vues mesquines de cer- 



— 27 — 



I 



taines administrations civiles aient arrête a moitié 
ce monument qui promettait d'être si beau. 

Nous ne pouvons mieux terminer le présent tra- 
vail qu'en rappelant les mots écrits miraculeusement 
auprès de la couche funèbre de saint Roch : Erit in 
PESTE PATRONLS... // Sera un protecteur contre la 
teste... Cette promesse du Ciel, saint Roch 1 a bien 
souvent réalisée, en conjurant toute espèce de mala- 
die A ceux qui viennent de lire sa vie et qui se 
trouveraient dans l'occasion de recourir a sa puis- 
sante intercession, de le mettre par leurs pneres et 
leur- confiance dans la nécessite de se "jo^t^er *^"; 
jours l'ami des nffligés et le protecteur des malades. 



-- 28 ^ 
PRIERE 



toujours aimé pT le seul eff.T'5' '' •^"' \'^''' 
bonté, vous nui ai^,*.M- ^*^^ "^J^ '■"^'■«^ divine 

la terre poul-de'ivrerr'' '°'''l ^''^ '"''"'^"^ «"«• 
éternel de votre coïér. Hn^'"'^ ^"î^^"'" d" A^^" 
sauver du fléau on m. '^"^^ aujourd'hui nous 
vous. Seigneur nue ^^.1?''" "^^'^ ^■'^- Rappelez- 
vous avéf touiour. îr- *^°'î""e"cement des temps 
hommes paiXndanrd/ ^' ' ''^gr^titude des 
«t vrai que ce sont nn« -^ >'^' miséricordes. II 

nous ce SéL'deTtreTJic^"" '"' ^"* ^"''•^ ^"•• 
la bonté suorémeMr,!,^H • "'^" "^tes-vous pas 

ricorde Vous nui aVe/ dl"^"' ''"''^'■' "'^"^ ^^ '"^«é- 

d'hui l'arlictiot; de vos enfanfs H^r^^'^^f '""Ji^"'"- 
ceux qui ont été r^rhJH ', délivrez de ce fléau 

Immaculé Faites-le ô'on^n- '' '""^ ^ '''^»"«^" 
de votre nom vou^' ui"^^,^r!' P^"»" '^ «candeur 

mort du pécheur ma s m,'n t "^^ "^ ■''^"'' P^^ 1» 
^M fléau, délivrez-nous. Seiyneurf 



— 29 — 

Par voh-c aihrement, délhrec-twus. Seigneur! 

Par votre naissaitcr, dclivres-nous. Seigneur ' 

Par votre baptême et votre saint jeûne, délivrez- 
nous. Seigneur! 

Far ynfre croix et votre tension, délivrez-nous, 
Seigneur ! 

Par votre mort et votre sépulture, délivres-nous, 
Seigneur! 

Par votre sainte résurrection, délivrez-nous. Sei- 
gneur! 

Par votre admirable ascension, délivrez-nous. Sei- 
gneur! 

Par la descente du Saint-Esprit consolateur, délx- 
z'rez-nous. Seigneur. 

Faites-nous miséricorde, nous vous en supplions; 
exaucez-nous, très compatissant Seigneur Jésus- 
Christ. 

Marie, Reine de clémence et Mère de miséricorde, 
intercédez pour nous qui avons recours à vous. 

Ainsi soit-il. 



Note. — Cette prière est l'œuvre d'une religieuse 
napolitaine, Sœur Marie Louise de Jésus, morte en 
odeur de sainteté en 1875. Pendant le choléra qui dé- 
sola Naples en 1837, cette prière obtint de véritables 
prodiges dans les familles qui la récitèrent journel- 
lement. Puisse-t-elle, par la miséricorde divine, pro- 
duire aujourd'hui les mêmes effets!